Séchage et curing du cannabis, arrêtez de croire que le 60/60 est une règle sacrée
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Le 60/60 a aidé beaucoup de growers moi y compris,
60°F. 60 % RH. Une dizaine de jours.
Simple.
Facile à retenir.
Et pendant longtemps, c’était déjà mieux que la plupart des séchages improvisés dans un garage trop chaud avec un ventilateur pointé directement sur les têtes.
Mais avec le temps, cette règle est devenue quelque chose qu’elle n’a jamais été : une vérité absolue.
Comme si une fleur devenait automatiquement stable parce qu’un hygromètre affiche les bons chiffres.
La réalité est moins confortable.
Une fleur ne sèche pas parce que la pièce est à 60 %.
Elle sèche parce que l’eau quitte progressivement ses tissus.
Et c’est là que beaucoup de récoltes se perdent.
Parce que la plupart des growers surveillent la pièce.
Très peu surveillent réellement la fleur.
Le vrai sujet n’est pas l’humidité relative
Le vrai sujet, c’est l’eau disponible.
Pas l’eau totale.
Pas l’humidité affichée sur le mur.
L’eau disponible.
Celle qui peut encore nourrir des moisissures, des levures ou des bactéries.
Celle qui détermine si votre fleur est réellement stable ou simplement en train de donner l’illusion qu’elle l’est.
C’est ce que mesure l’activité de l’eau, ou aw.
Et contrairement à ce que beaucoup imaginent, une fleur qui semble sèche n’est pas forcément une fleur stable.
L’extérieur sèche toujours avant l’intérieur.
Toujours.
Une grosse tête dense peut sembler parfaite au toucher tout en conservant encore beaucoup d’humidité dans son cœur.
C’est même l’un des pièges les plus fréquents du post-harvest.
Dehors : nickel.
Dedans : encore une zone confortable pour les microbes.
Les moisissures ne regardent pas votre hygromètre.
Elles regardent l’eau disponible.
Pourquoi le 60/60 est un compromis
Le 60/60 crée un environnement relativement doux.
Le problème, c’est qu’il décrit uniquement les conditions de la pièce.
Pas ce qui se passe dans la fleur.
Et c’est une différence énorme.
Parce que deux récoltes placées dans le même environnement peuvent évoluer complètement différemment.
Cultivar.
Densité florale.
Niveau de défoliation.
Charge en eau au moment de la coupe.
Structure des colas.
Tout influence la vitesse à laquelle l’humidité migre vers l’extérieur.
Le 60/60 n’est donc pas faux.
Il est simplement trop grossier pour devenir un standard universel.
Beaucoup de growers confondent lent et contrôlé
C’est probablement l’une des idées les plus répandues dans le post-harvest.
“Plus c’est lent, mieux c’est.”
Pas forcément.
Un séchage trop rapide peut effectivement dégrader la qualité.
Terpènes écrasés.
Surface trop sèche.
Combustion agressive.
Texture médiocre.
Mais l’inverse existe aussi.
Une fleur qui reste trop longtemps dans une zone humide augmente son exposition aux risques microbiens.
Le temps n’est pas un objectif.
Le contrôle est un objectif.
Ce n’est pas la même chose.
Ce que nous regardons chez Botafarm
Nous regardons les flux d’eau.
Les gradients d’humidité.
Le comportement réel de la fleur.
Pas seulement les chiffres affichés dans la pièce.
L’objectif est simple :
Faire sortir l’eau de manière contrôlée.
Réduire le temps passé dans les zones à risque.
Préserver au maximum les qualités construites pendant toute la floraison.
C’est là que le VPD devient intéressant.
Le VPD représente la force qui pousse l’eau à quitter la plante pour rejoindre l’air.
Plus cette force est faible, plus le mouvement est lent.
Plus elle est élevée, plus le mouvement est rapide.
Comme toujours, l’objectif n’est pas l’extrême.
On ne cherche pas à sécher en trois jours.
On cherche à piloter.
Nuance importante.
Le séchage commence avant la récolte
La plupart des growers commencent à réfléchir au séchage quand ils sortent les ciseaux.
Trop tard.
Le séchage commence avant la coupe.
Durant les derniers jours, nous préférons généralement un dry-back contrôlé.
Pas de stress excessif.
Pas de plantes en souffrance.
Mais pas non plus un substrat saturé la veille de la récolte.
L’idée est simple :
Moins d’eau libre à gérer après la coupe.
Une plante légèrement pré-conditionnée rejoint plus rapidement une zone stable qu’une plante gorgée d’eau jusqu’à la dernière minute.
Réduire l’eau inutile
Au moment de la récolte, retirez les grandes feuilles nourricières.
Elles transportent beaucoup d’eau.
Elles n’améliorent pas la qualité finale.
Elles ralentissent simplement le processus.
Ensuite, privilégiez les plantes entières ou les grosses branches.
Pourquoi ?
Parce que les petites sections sèchent trop vite.
L’extérieur se ferme.
L’intérieur suit plus lentement.
Et vous créez exactement le déséquilibre que vous essayez d’éviter.
Un environnement légèrement plus dynamique
Là où beaucoup de growers appliquent mécaniquement le 60/60, nous préférons souvent un environnement un peu plus dynamique.
Autour de 21–22 °C.
Autour de 40–45 % RH.
Airflow léger.
Indirect.
Jamais directement sur les fleurs.
Obscurité ou lumière minimale.
L’objectif n’est pas d’accélérer brutalement.
L’objectif est de traverser plus efficacement la zone où l’activité de l’eau est encore élevée.
Ce n’est pas un séchage agressif.
C’est un séchage piloté.
Grande différence.
Le piège du stem snap
Le test de la tige reste utile.
Mais il reste ce qu’il a toujours été :
Un indicateur.
Pas une vérité scientifique.
Quand les petites tiges commencent à casser proprement, vous obtenez un signal intéressant.
Rien de plus.
Parce qu’une fleur peut réussir le stem snap tout en conservant encore trop d’humidité au centre.
Encore une fois :
L’extérieur et l’intérieur ne travaillent jamais à la même vitesse.
La phase que beaucoup sautent
C’est souvent ici que les problèmes commencent.
Les fleurs semblent prêtes.
Les growers les mettent directement en bocaux.
Puis l’humidité remonte.
Puis ils commencent à burper tous les jours.
Puis ils pensent que c’est normal.
En réalité, ce n’est souvent qu’un signe que la fleur a été enfermée trop tôt.
Nous préférons une phase tampon.
Après le séchage principal, les fleurs passent en bacs alimentaires propres pendant 48 à 72 heures.
Cette étape permet à l’humidité interne de se redistribuer progressivement.
Le cœur rejoint la surface.
Les écarts diminuent.
La fleur devient plus homogène.
C’est moins spectaculaire qu’un nouveau nutriment miracle.
Mais c’est souvent beaucoup plus utile.
Mesurer avant de stocker
Les growers old school ont parfois un très bon toucher.
Un très bon nez.
Une excellente intuition.
Mais quand un batch représente plusieurs mois de travail, mesurer reste préférable à deviner.
La zone de stabilité recherchée se situe généralement autour de 0,55 à 0,62 aw.
Pas de water activity meter ?
Le test du bocal reste une excellente solution.
Si l’échantillon se stabilise autour de 55–62 % RH après plusieurs heures, vous êtes généralement dans une zone confortable.
S’il grimpe à 68–70 %, ce n’est probablement pas prêt.
S’il tombe à 45–50 %, vous êtes probablement allé trop loin.
Simple.
Pas parfait.
Mais infiniment meilleur qu’un pari.
Le curing n’est pas de la magie
Une fleur moyenne ne devient pas top shelf parce qu’elle a passé trois semaines dans un bocal.
Le curing ne crée pas la qualité.
Il stabilise la qualité déjà présente.
Quand l’activité de l’eau est correcte, plusieurs phénomènes continuent à évoluer doucement.
Les arômes se fondent.
Certaines notes végétales s’arrondissent.
La texture gagne en cohérence.
La combustion devient plus propre.
Mais si vous commencez avec une fleur trop humide, vous ne faites pas du curing.
Vous faites de l’incubation.
Et ce n’est pas exactement le même projet.
La différence entre une fleur correcte et une fleur premium
La plupart des erreurs de post-harvest viennent de la même idée :
Chercher une recette.
Le problème, c’est qu’une recette ne comprend pas votre cultivar.
Elle ne comprend pas la densité de vos fleurs.
Elle ne comprend pas la quantité d’eau présente au moment de la récolte.
Le 60/60 reste un repère utile.
Mais un repère n’est pas un protocole.
Chez Botafarm, nous préférons comprendre ce qui se passe réellement.
L’eau quitte les tissus.
Les gradients évoluent.
Les microbes cherchent des opportunités.
Les terpènes cherchent la stabilité.
Tout le jeu consiste à gérer ces équilibres.
Moins de folklore.
Plus de contrôle.
Parce qu’au final, une fleur premium ne se joue pas uniquement pendant la floraison.
Elle se joue aussi dans les jours qui suivent la coupe.
Et c’est souvent là que se crée la différence entre une récolte qui sent bon… et une récolte qui reste mémorable.






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